Bombardement d'une raffinerie à Téhéran, le 7 mars 2026 ( AFP / ATTA KENARE )
L'Iran a assuré dimanche être capable de se battre pendant encore au moins six mois contre les Etats-Unis et Israël, lequel a frappé à l'aube un hôtel au cœur de Beyrouth accusé d'héberger des chefs des Gardiens de la Révolution.
La guerre au Moyen-Orient, entrée dimanche dans son neuvième jour, a aussi donné lieu à de nouvelles attaques aériennes dans plusieurs pays du Golfe.
Et l'armée israélienne a annoncé dans la matinée le lancement d'une nouvelle vague de frappes pour toucher des sites militaires "à travers l'Iran".
"Les forces armées de la République islamique d'Iran sont capables de poursuivre au moins six mois de guerre intense au rythme actuel des opérations", a assuré à la télévision d'Etat Ali Mohammad Naini, porte-parole des Gardiens, l'armée idéologique de la République islamique.
"Dans les jours à venir, des attaques d'un nouveau style seront menées au moyen de missiles de longue portée, avancés et moins utilisés. L'ennemi doit s'attendre à des frappes ciblées plus douloureuses et plus précises", a affirmé le porte-parole.
De leur côté, les Etats-Unis et Israël ont visé samedi un dépôt de pétrole du sud de Téhéran, selon les médias d'Etat iraniens, la première attaque rapportée contre des infrastructures pétrolières iraniennes depuis le début de la guerre.
Des frappes ont aussi touché un dépôt de carburant dans le nord-ouest de la capitale, selon un journaliste de l'AFP qui a vu des flammes et de la fumée s'élever du site.
Dimanche matin, à quelque 1.500 km de là, la banlieue sud de Beyrouth est de nouveau la cible de bombardements, selon des images de l'AFPTV. L'armée israélienne avait annoncé y cibler des infrastructures du mouvement chiite pro-iranien Hezbollah dans le secteur, qui lui sert de bastion.
- "Frappe de précision" -
Le cœur de la capitale libanaise a lui aussi été touché dans la nuit. D'après le ministère de la Santé, Israël a frappé un hôtel, faisant quatre morts et 10 blessés. L'établissement - l'hôtel Ramada - est situé dans le quartier de Raouché, sur le front de mer, une zone touristique jusqu'à présent épargnée par les frappes israéliennes visant le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah.
Israël a décrit une "frappe de précision" contre "d'importants commandants" de la Force Qods, la branche des opérations extérieures des Gardiens de la révolution, que l'armée israélienne accuse d'"attaques terroristes".
Un photographe de l'AFP a vu une chambre située au quatrième étage aux vitres brisées et aux murs noircis, et des dizaines de clients fuir en panique l'établissement avec leurs bagages.
Outre les quatre morts de l'hôtel à Beyrouth, 12 personnes ont été tuées dans des frappes israéliennes à travers le Liban dans la nuit, selon l'agence de presse officielle Ani.
Dans une allocution, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait affirmé plus tôt que son pays allait poursuivre "de toute sa force" la guerre contre l'Iran, au moyen d'"un plan méthodique, avec de nombreuses surprises".
- Des pays du Golfe visés dans la nuit -
La guerre a démarré le 28 février à l'initiative d'Israël et de Washington, qui ont frappé le cœur du pouvoir à Téhéran et tué, entre autres, le guide suprême, Ali Khamenei.
Un bombardier américain B-1 Lancer sur la base aérienne de Fairford, au Royaume-Uni, le 7 mars 2026 ( AFP / JUSTIN TALLIS )
Depuis, les bombardements israélo-américains continuent sur l'Iran, en parallèle de frappes israéliennes au Liban. L'armée israélienne a dit avoir mené 3.400 frappes en une semaine. Washington en a rapporté 3.000.
Le régime iranien réplique en envoyant des missiles et des drones vers des Etats du Golfe qui abritent des intérêts américains, et aussi vers Israël, où les sirènes d'alerte ont retenti dimanche matin à travers le pays pour cause de missiles iraniens en approche, selon l'armée.
La guerre déstabilise tout le Moyen-Orient et au-delà, en raison notamment des impacts sur la production et la distribution des hydrocarbures, qui font flamber les prix.
Après une annonce similaire dans la nuit, le Koweït a déclaré dimanche matin être toujours aux prises avec une attaque de missiles et de drones. Plus tôt, le pays avait dénoncé le ciblage des réservoirs de carburant de son aéroport international.
- Avertissement de Pezeshkian -
En Arabie saoudite, le quartier diplomatique de Ryad a été visé par une attaque de drone, déjouée selon le gouvernement du royaume. Et aux Emirats arabes unis, une menace de missiles et de drones a été signalée dans la matinée.
Bombardement contre la raffinerie de pétrole de Shahran à Téhéran, le 7 mars 2026 ( AFP / ATTA KENARE )
Le président iranien Massoud Pezeshkian a averti dimanche que "si l'ennemi tente d'utiliser le territoire d'un pays pour lancer une agression contre notre territoire, nous serons forcés de riposter", selon un message diffusé à la télévision d'Etat. La veille, il avait présenté ses excuses aux Etats voisins pour les frappes les ayant visés.
Les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe tiendront dimanche une réunion d'urgence par visioconférence sur les attaques iraniennes contre les territoires de plusieurs membres.
Le chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ari Larijani, a estimé que les Etats-Unis s'étaient "piégés" en misant sur une résistance de courte durée.
Au début de la guerre, qui a embrasé la région et fait s'envoler les cours du pétrole, Donald Trump avait appelé le peuple iranien à renverser la République islamique, instaurée en 1979.
Mais si Washington souhaite la chute du pouvoir, l'objectif déclaré est de détruire les capacités balistiques de l'Iran et de l'empêcher de se doter de la bombe atomique - intention que Téhéran dément avoir.
Le président américain a évoqué samedi un possible envoi futur de troupes au sol en Iran pour contrôler les stocks d'uranium enrichi du pays. "Peut-être qu'à un moment nous le ferons. Ce serait formidable", a-t-il dit à bord d'Air Force One. C'est "quelque chose que nous pourrions faire plus tard. Mais pas maintenant", a-t-il ajouté.
Les autorités iraniennes ont recensé environ un millier de personnes tuées depuis le début de la guerre, dont 30% sont des enfants, des affirmations que l'AFP n'a pas pu vérifier.
La guerre au Moyen-Orient "n'aurait jamais dû avoir lieu", a lancé dimanche le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, refusant un retour à la "loi de la jungle" au niveau international.

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